mercredi 5 novembre 2014

Une journée d'été à Amiens

Rendez-vous vendredi 22 août 2014 à Amiens.

Sur le quai de la Gare du Nord, alors je me précipitais filant jusqu'en tête de train afin d'y trouver une place assise, je faillis bousculer Suzan George, écrivain franco-américaine, militante altermondialiste et présidente d’honneur d'ATTAC qui se rendait là-bas, elle aussi.
16 heures 15 : UFR de Droit et de Science Politique d'Amiens. Deux Amphi de 500 places : Condorcet (1) et Montesquieu (2) s'unissant pour n'en former qu'un - seul  lieu - grâce à une grande cloison coulissante-pliante se dépliant à souhait. Au sous-sol et dans les étages, des salles pour les ateliers, les formation et commissions.
Non loin delà, le resto U où les infatigables du samedi soir - des plus jeunes aux plus âgés - sautillèrent au rythme du Dj jusqu'à 1h du mat'.

10 000 adhérents. 800 participants. 

Après le traditionnel message de bienvenue, nous nous  éparpillâmes : Je quittai donc Montesquieu et traversai la ligne qui me séparait de Condorcet. 
La cloison coulissante-pliante se déplia dans mon dos : De son côté, Montesquieu recevait ses propres invités.

A la «  table ronde » de Condorcet siégeaient : Patrick Beauvillard (co-président de Nouvelle Donne, co-constructeur en phase avec les « architectes » et conseiller régional en  Aquitaine) et Emmanuel Poilane (initiateur d'un ICE « de l'eau pur tous, Right 2 Water »), Colette Gros (conseil national de Nouvelle Donne et initiatrice d'un projet de monnaie locale).

Sur le plateau : « Comment transformer la société par une autre façon de faire la politique. »


Condorcet ou Montesquieu ?

En hors-d'oeuvre : « Mon adversaire est la finance : A partir de ces lieux communs peut-on construire quelque chose de nouveau ? » lança l'orateur.

Suivirent quelques témoignages, sur et hors plateau :
- « Comment traduire en action mon engagement politique sachant que toutes les formes d'engagement sont limitées par nature ? »
 - " Succès relatif  de l'expérience de la monnaie locale « La mesure » par Colette Gros :
  • De l'impossibilité de la monnaie complémentaire d'accéder au statut de monnaie officielle ;
  • De la nécessité de trouver des « seconds relais » et de « mettre en chaîne » les initiatives bien avant la phase stagnante - et les découragements et démissions - qui suivra la phase d'expansion ;"
Et donc : A quoi sert la monnaie  ?

- « Absence » de succès pour l'Initiative Citoyenne Européenne (ICE) « Right 2 Water , le droit à l'eau » par Emmanuel Poilane :
  • Une pétition à l'initiative des syndicats de 7 pays européens, ayant obtenu 2 millions de signatures ;
  • Exigence - en tant que droit humain - d'un accès à l'eau pour les plus pauvres : eau bien public essentiel pour tous ;
  • Démarche excellemment accueillie par les commissaires européens éblouis par tant de bons sens ; "
Et donc : Les gouvernements sont-ils préoccupés par d'autres lobbies que les lobbies populaires ?

-  Quelque part dans le public  : 
  • " Face aux régressions sociales, le syndicalisme doit-il être réformiste (négociation et compromis) ou contestataire (sans concession) ? "
  • Ambivalence du progrès social : démocratie et désespérance ;
  • Le mise à l'écart de la jeunesse est un acte volontaire de la classe politique qui a elle-même organisé la régression de son propre pouvoir face au pouvoir de la finance."

Poilane – qui a été témoin de la révolution malgache - rêve d'un jour « où l'humanité changera sans passer par la case violence mais par la révolution citoyenne ».

En dessert  : « Quelles idées ? Quelles innovations ? » lance l'orateur.

Quekques envolées lyriques :
  • Mon adversaire est la finance et si je multipliais par 2 les 9 milliards de pénalités de la BNP qui ne coûteraient pas un sou au contribuable français ?
  • L'ennemi est-il la finance ou le financier ? Dit le public ;
  • Faut-il supprimer la monnaie ?
  • Suffit-il de changer de banque ? Choisir la NEF (3) ?
  • La limitation des mandats se fera-t-elle au bénéfice de l'intérêt général ?
Et donc : comment lutter contre le désespoir citoyen ?


Au moment des comptes  :
  • "Si les ouvriers représentent 60 % de la population française, alors les élus ne sont pas à l'image du peuple ;
  • Est-il juste que seulement 4 % soit représentés à l'Assemblée ?
  • 21 % des sénateurs sont âgés de 71 à 80 ans,
  • 1804, cher Napoléon et les sénateurs ne sont pas élus par le peuple ?"

Avant de se quitter :
  • Notre pouvoir c'est notre choix ;
  • Responsabilité sociétale : mesures fiscales ;
  • Coopération citoyenne et éducation populaire ;
  • Statut du citoyen élu ;
  • Et si on faisait prochainement : « 1 minute pour comprendre » sur les sujets complexes ?
  • Ecoute, proximité.

Dance floor.


(1) Condorcet, Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, né le 17 septembre 1743 à Ribemont et mort le 29 mars 1794 à Bourg-la-Reine, est un philosophe, mathématicien, et homme politique français, représentant des Lumières. Célèbre pour son son analyse des différents modes de scrutin possibles et du « paradoxe de Condorcet ».

(2) Montesquieu, Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, est un penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français des Lumières, né le 18 janvier 1689 à La Brède (Guyenne, près de Bordeaux) et mort le 10 février 1755 (à 66 ans) à Paris. « De l'esprit des lois « (1748) : Il développe sa réflexion sur la répartition des fonctions de l'État entre ses différentes composantes, appelée postérieurement « principe de séparation des pouvoirs ».

(3) NEF: Nouvelle Economie Fraternelle (Société financière coopérative faisant crédit aux projets d'utilité sociale, environnementale..)

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