mercredi 26 avril 2017

Rien n’est joué pour Emmanuel Macron au second tour

Rien n'est joué pour Emmanuel Macron et le "Ni Le Pen Ni Macron" pourrait bien gagner : Ne risque-t-on d'avoir à élire de nouveau des candidats pour un deuxième second tour ?


Comment reconnaître, dans une France divisée en 5 au soir du 1er tour (1), une vraie légitimité à celui qui, contrairement aux dires des médias, n’a pas provoqué d’engouement puisque le pays est divisé en quatre et qu’un candidat mis en examen pour escroquerie et usage de faux obtient 20 % des résultats ? 

Pour ceux qui refusent de choisir  entre la peste et le choléra, preuve s’il n’en faut que nous ne sommes plus en 2002, c’est #SansMoiLe7Mai et.#VoteBlancLe7mai.
Le fameux Vote Utile ne passera pas. RIP le Front républicain.

Image du site du Ministère Intérieur
Nous sommes tous responsables, dit Dominique Seux des Echos : Ressponsables de quoi ? D'avoir - certains medias - aidé à la dé-diabolisation du FN  qui dépasse pour la première fois les 20 % de voix à une élection présidentielle et qui engrange plus de 2,8 millions de voix par rapport à 2002 ?

La Droite s’est décomplexée sous nos yeux et le mot d’ordre de Laurent Wauquiez aux adhérents LR (Les Républicains), parlant de la « fumée qui se dissipera autour d’Emmanuel Macron et montrera son vrai visage » est : « Certains exprimeront leur opposition en votant pour Emmanuel Macron, d'autres feront le choix du vote blanc. Cette diversité de choix doit être respectée. »
Comprenne qui pourra ces « éléments de langage » comme on dit, lorsque les Législatives, pour un parti, éliminé du second tour alors qu’il a gagné toutes les élections durant ce quinquennat qui se termine, sont en vue. (2)

On ne peut appeler en même temps - comme le demande Pierre Laurent du PCF -  à voter Macron au 2nd tour et contre Macron aux Législatives.
Et ceux qui reprochent à Jean-Luc Mélenchon de vouloir consulter les 450 000 Insoumis n’ont rien compris à ce mouvement et à son programme : On ne peut vouloir la révolution et baiser ce que l’on a voulu renverser. On ne peut travailler à l’éveil citoyen et demander, parallèlement, à voter pour ce qui ne convient pas à ces mêmes citoyens.

Il aurait été plus juste, pour une vraie représentativité citoyenne, que le second tour de l’élection présidentielle se jouât entre les 4 premiers candidats (3). Ce que ne prévoit pas l’article 7 de la Constitution.

Dans un pays, démocratique, le parti des Abstentionnistes n’a pas d’existence juridique. Dès lors, on ne peut parler d’abstentionnistes actifs, comme le propose Antoine Bueno, ancienne plume de François Bayrou. Sauf si l’on envisage que, compte tenu d’un certain pourcentage d’abstention, le vote est annulé.
En revanche, le temps du changement du système représentatif est venu. Le temps de la vraie reconnaissance du vote blanc (comptabilisé depuis 2014) est venu (4). 

Accéder à la présidence du pays avec 24 % des voix, ce n'est pas une première. Seulement 18,89% des voix ont amené Jaques Chirac au second tour en 2002 (5). 
D’où la pensée que le résultat du second tour sera à l'image du premier tour : Divisé. Et le résultat pourrait bien être inférieur à 50% + 1 (6).

Rien, donc, n’est acquis pour Emmanuel Macron que l’on a vu, le soir du 23 avril 2017,  plus en rock star qu’en président.

Quid d’un troisième tour pour les citoyens insatisfaits (non prévu par la Constitution) ? Ne risque-t-on pas d'avoir à élire de nouveau des candidats pour un deuxième second tour ?

***
(1) Résultats globaux du 1er tour des présidentielles 2017 :  Emmanuel Macron, 24,01%. Marine Le Pen, 21,30%, François Fillon, 20,01%. Jean-Luc Mélenchon,19,58%. Abstentions, 22,23%.
(2) Pour Henri Guaino (dans Marianne) c'est, ni Le Pen, ni Macron.
(3) Article 6 de cette pétition en ligne qui a recueilli plus de 130 000 signatures en moins de 48 h.
(4) Le nombre de suffrages exprimés ne tient pas compte des votes blancs et nuls.
(5) En 2002 (taux de participation à 67,69%), Jaques Chirac a gagné l'élection au 2nd tour, grâce au "front républicain", avec 82,21% des voix contre Jean-Marie Le Pen (17,79%).
(6) Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés.



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